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Mouvements microbiens de masse : ces millions d’espèces que nous ignorons

Les microbes effectuent des services écosystémiques essentiels, mais nous feignons de les ignorer. Nos pratiques depuis une centaine d’années ont des conséquences importantes sur le devenir des écosystèmes de par le monde.

Colonies de mycobactéries, marquées à la GFP (Green Fluorescence protein), observées sous lunière U.V.. © Inra, CARRERAS Florence
Publié le 01/06/2018

Depuis plusieurs milliards d’années, les microorganismes et les gènes qu’ils portent ont été principalement déplacés par des forces physiques telles que les courants atmosphériques, marins, fluviaux, etc. De ce fait la répartition des microorganismes obéit à des contraintes biogéographiques (répartition des espèces et de la biodiversité par zones de par le monde, sur les différents continents/climats/milieux), à la manière de ce que l’on observe pour les  animaux et les plantes. L’évolution en parallèle des microorganismes est donc aussi partiellement compartimentée.

Au cours notamment des 100 dernières années, cette dynamique a été modifiée par l’homme, par le tourisme, les transports mondialisés, les infrastructures et transports de terres et matériaux. A ce déplacement de cellules microbiennes s’ajoutent les modifications causées à grande échelle par l’homme induisant des mécanismes locaux de sélection, comme l’épandage des eaux usées, l’utilisation massive de produits chimiques ou antibiotiques en agriculture, santé humaine, ou gestion urbaine. La biogéographie microbienne en est substantiellement altérée.

Les conséquences de ces changements sur les services rendus par les différents écosystèmes planétaires et sur le fonctionnement des grands cycles biogéochimiques sont bien difficiles à prévoir.

Dans l’article « Microbial mass movements » paru dans la revue Science, un chercheur de l’USC AMPERE (USC ECL – INSA – UCBL – Inra associé), en collaboration avec des partenaires d’autres pays, appellait à une prise de conscience généralisée du problème, afin de mieux surveiller et modéliser les changements que nous apportons au monde microbien.

Contact : pascal.simonet@ec-lyon.fr  , USC AMPERE

 

Référence : « Microbial mass movements », Science, 15 septembre 2017, vol 357 issue 6356, p 1099-1100