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Agroforesterie et ovins : qu’il fait bon auprès de mon arbre !

Le projet PARASOL (2015-2018), financé par l'ADEME, avait pour objectifs d’étudier les interactions "arbre-animal-prairie", dans une diversité de situations pédoclimatiques, afin de quantifier le potentiel de l’agroforesterie dans le cadre de l’adaptation des systèmes d’élevage ovins au changement climatique.

Agroforesterie : ovins à l'ombre des arbres. © Inra, UMRH
Mis à jour le 25/01/2019
Publié le 28/01/2019

Le projet, réalisé en partenariat avec AGROOF SCOP (coord.), l’INRA, l’IDELE, et UniLasalle, s'est basé sur un réseau de parcelles agroforestières réparties sur 3 zones différentes du point de vue climatique (Nord-Ouest, Auvergne, Languedoc). Au sein de ce projet, les chercheurs de l'UMRH se sont intéressés aux bénéfices et coûts potentiels des arbres pour l'animal (comportement, bien-être et performances au pâturage, valeur alimentaire des feuilles), la prairie (production, qualité, phénologie) et le microclimat à l'échelle de la parcelle.

Le dispositif expérimental "Lamartine" (Intrabois, UE Herbipôle), riche de parcelles présentant différentes densités d'arbres adultes (merisiers, frênes, érables) et gérées en pâturage ovin, a été le lieu d'étude privilégié au sein du projet pour répondre à ces questions. Trois parcelles ont été considérées : une parcelle témoin avec un seul arbre, une parcelle avec 60 arbres/ha et une avec 150 arbres/ha (8000 m² chacune). De 2016 à 2018, chaque parcelle a été pâturée par un lot de 10 brebis, conduites en pâturage continu de mai à août, septembre ou octobre (selon la disponibilité en herbe), et allaitant 2 agneaux sur les six premières semaines de pâturage, sans complémentation.

Ovins dans une parcelle en agroforesterie. © Inra, UMRH
Ovins dans une parcelle en agroforesterie © Inra, UMRH

Les principaux résultats montrent que les arbres et l'ombre qu'ils procurent ont été très utilisés par les brebis, de façon croissante avec l'augmentation des températures et du rayonnement mais pas uniquement lors des chaudes journées estivales. L'ombre était utilisée majoritairement pour les activités de repos et de rumination. Les brebis ont plus fortement mobilisé leurs réserves sur les parcelles arborées bien qu'elles aient toutes assuré une croissance correcte et similaire de leurs agneaux. Les arbres ont impacté négativement la quantité d'herbe disponible, de façon proportionnelle à leur densité, mais ont eu un effet positif sur sa qualité (valeur nutritive de la prairie), notamment en retardant la phénologie des plantes.

En parallèle de l'essai au pâturage, un essai de digestibilité in vivo a été réalisé sur ovins en fin d'été avec des feuilles de frêne (Fraxinus excelsior) et de murier blanc (Morus alba), deux essences classiquement utilisées, et qui avaient montré des valeurs de fermentation in vitro intéressantes (données INRA FerLus -Lusignan-). Les résultats montrent que, malgré une digestibilité modérée (respectivement 0,63 et 0,68 pour le frêne et le murier), la forte appétence des feuilles a permis des ingestions (de matière organique digestible) très intéressantes, comparables voire supérieures aux espèces fourragères les plus performantes (chicorée, ray-grass anglais récoltées aux stades jeunes, en vert).

Fourrage composé de feuilles d'arbres (frêne). © Inra, UMRH
Fourrage composé de feuilles d'arbres (frêne) © Inra, UMRH

Ces premiers résultats montrent que dans nos conditions, l'arbre (au sens large) peut offrir de réels bénéfices. En particulier, les résultats obtenus sur les différents sites en France confirment ceux du site de Lamartine sur l'utilisation active de l'ombre par les brebis, et nous montrent que l'arbre participe au bien-être des ruminants au pâturage. Concernant les performances et la prairie, le bilan a été plus mitigé. D'autres modalités de gestion du pâturage (tirant profit des décalages de phénologie et de pics de biomasses) et/ou d'inclusion des arbres au sein des prairies (choix des essences, agencement des arbres en haies, intra-parcellaires ou multi-strates) sont autant d'options qu'il conviendrait d'étudier afin d'optimiser le rapport coûts/bénéfices de l’arbre. Certaines de ces investigations vont se poursuivre dans le cadre du challenge 1 (livrable 6) de l'I-Site CAP20-25.

 

Contacts pour le centre ARA : Cécile GINANE1, Mickaël BERNARD2, Donato ANDUEZA1, Véronique DEISS1

1 UMRH, 2 UE Herbipôle

Pour en savoir plus : http://parasol.projet-agroforesterie.net/

Contact(s)
Centre(s) associé(s) :
Nouvelle-Aquitaine-Poitiers