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Maintenir les salariés dans les exploitations d’élevage laitiers

En France, le recours à de la main-d’œuvre salariée, notamment des salariés permanents non familiaux, a fortement augmenté en agriculture ces quarante dernières années. Les principales raisons sont liées à de profondes transformations structurelles, comme l’agrandissement des exploitations et la diminution de la main-d’œuvre familiale.

Des vaches laitières majoritairement de race Montbéliarde ainsi que quelques Abondance  sont rassemblées par leur éleveur en vue de la traite du soir sur un quai de traite mobil (massif des Bauges, Savoie). Dans les Bauges, les troupeaux sont des mélanges de races, avec aussi des croisées.. © Inra, MEURET Michel
Publié le 15/05/2018
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Cet article présente des résultats de la thèse de Priscila Malanski sur le salariat dans les exploitations bovins-lait, réalisée à l’UMR Territoires dans le cadre d’une coopération franco-brésilienne.

La thèse a caractérisé des trajectoires de salariés dans des exploitations en mobilisant un cadre d’analyse pour rendre compte de la diversité des situations : évolution des tâches attribuées, tendance vers la polyvalence ou au contraire la spécialisation, évolution du niveau d’autonomie en étaient les principaux critères. Différentes variables décrivaient la trajectoire de travail pour chaque dimension, ainsi que des indicateurs de temporalité des évolutions.

Après enquêtes auprès de salariés et d’éleveurs laitiers employeurs de main-d’œuvre, cinq trajectoires d’évolution du travail des salariés permanents ont été identifiées. Elles se différencient notamment par l’absence ou la présence de changements au cours du temps pour les trois dimensions du travail analysées : tâches attribuées, spécialisation vs. polyvalence, niveau d’autonomie ou de responsabilité.

Les salariés réalisent de nombreuses et diverses tâches sur l’exploitation, que ce soit d’exécution ou à responsabilité technique. Elles peuvent se référer par exemple à des postes de travail comme trayeur, animalier, opérateur d’engin, fromager, commercialisation. Le niveau d’autonomie est variable selon les individus.

Plusieurs raisons expliquent ces évolutions : elles sont liées à des changements dans l’exploitation (agrandissement de la surface et du troupeau et de surfaces par ex), le collectif de travail (départ des membres de la famille, problèmes de santé des éleveurs, arrivée ou départ d’un travailleur) et aux salariés eux-mêmes, principalement leur souhait de développer leurs compétences techniques.

Les cinq types d’évolution sont les suivantes :

  1. Rester un exécutant des tâches d’astreinte
  2. Renforcer la polyvalence pour exécuter de nombreuses tâches sur l’exploitation
  3. Devenir polyvalent pour le remplacement
  4. Se spécialiser et devenir un technicien d’élevage
  5. Devenir un éleveur

Consolider les parcours

Chaque trajectoire a sa propre valeur et l’une n’est pas meilleure que l’autre dès lors que cela convient d’un accord commun entre salariés et éleveurs. Notamment, les trajectoires caractérisées par des tâches « de routine » peuvent convenir aux attentes des salariés, qui veulent travailler en élevage mais sans vouloir prendre en charge les responsabilités de gestion et de suivi technique, et des éleveurs d’autre part, qui veulent quelqu’un en appui pour partager la charge de travail ou aller plus vite dans cette tâche. A contrario, la montée en compétence et en responsabilité est une opportunité que saisissent certains.

Rendre compte de la diversité observée et mieux comprendre l’évolution du travail des salariés peut ainsi contribuer à maintenir ces salariés dans les exploitations, notamment par des processus de réflexion conjointe entre éleveurs, conseillers agricoles et salariés. Par ailleurs la connaissance de ces trajectoires permettrait également aux éleveurs et aux conseillers de réfléchir à la carrière des salariés dans les exploitations en amont et dès l’arrivée d’un salarié, en bonne intelligence avec celui-ci.

  

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