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Des tiques bien envahissantes

LymeSnap : la science embarque le citoyen des Combrailles

L'UMR Epidémiologie animale du Centre Inra Auvergne Rhône-Alpes et le CHU de Clermont-Ferrand démarreront début avril un projet de recherche visant à obtenir une meilleure estimation du nombre de nouveaux cas de maladie de Lyme en Pays des Combrailles dans le Puy-de-Dôme.

Mis à jour le 20/04/2017
Publié le 22/03/2017

L’étude a été présentée le 21 mars par le Professeur Lesens (CHU) et le Dr Gwenaël Vourc’h (INRA) devant un public attentif, à l’occasion d’une réunion publique qui s’est tenue au cœur du territoire, sur la commune de Saint-Gervais d’Auvergne.

De la nécessité de mieux estimer les cas de maladie de Lyme

La maladie de Lyme interroge, voire inquiète les citoyens. Cette maladie est une infection due à des bactéries transportées par des tiques, ces dernières pouvant la transmettre à l’homme au moment d’une piqûre. On estime à environ 33 000 nouveaux cas (soit en 51 nouveaux cas pour 100 000 habitants) chaque année en France mais l’incidence de la maladie reste difficile à estimer. Cette estimation repose sur les déclarations des médecins du réseau Sentinelles, avec seulement 105 cas confirmés et déclarés en 2015. Cette incertitude quant à l’incidence réelle contribue à alimenter la polémique et conduit à une situation de tension forte entre les malades de Lyme et le monde scientifique.

Dans ce contexte, les projets de recherche participatifs comme LymeSnap, en plus d’estimer de façon fiable et relativement aisée les données d’incidence, permettraient de concourir à rétablir une confiance égratignée.

 

LymeSnap : la science embarque le citoyen photo à l’appui

Dans un effort de lutte contre les tiques et les maladies qu’elles transmettent, le projet LymeSnap a été pensé par l’UMR Epidémiologie des maladies animales et zoonotiques de l’Inra ARA et le service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Clermont-Ferrand. Elle sera menée pendant un an sur le territoire des Combrailles, avec l’aide de la population. 

Chaque personne exposée à des tiques en Pays des Combrailles et présentant une « tache cutanée rouge », potentiellement un érythème migrant, pourra participer à cette étude (qu’elle se souvienne ou non d’avoir été piquée par une tique). Il suffira d’envoyer par SMS ou par mail la photo de la lésion au numéro de téléphone ou à l’adresse mail indiquée dans le protocole disponible sur le site internet de l’étude (http://www6.ara.inra.fr/lyme-combrailles), sur les affiches et flyers diffusés sur l’ensemble du territoire, auprès de son médecin ou de son pharmacien. Les médecins du CHU ont organisé également deux sessions d’information en mars pour les médecins et professionnels de santé qui sont des acteurs importants pour l’étude. Ils seront ainsi en mesure d’accompagner les patients dans leur démarche participative au projet LymeSnap. Ils seront également sollicités pendant l’année pour recenser le nombre de cas d’érythème migrant qu’ils verront chez leur patient.

L’ensemble de l’étude permettra donc de mieux estimer le nombre de cas de maladie de Lyme dans ce territoire, d’étudier l’intérêt de la participation directe de la population aux déclarations de cas et de favoriser le dialogue entre scientifiques, médecins et malades.

 

En savoir plus :www6.ara.inra.fr/lyme-combrailles

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