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Focus sur quelques projets et actualités

Sommaire
  1. Introduction
  2. Pheno 3C : imposant !
  3. L'Herbipôle du Centre ARA
  4. La fusariose de l’épi surveillée au champ par imagerie
  5. Diabète de type 2: où en est-on aujourd’hui ? Les pistes privilégiées par la recherche
  6. Le point sur l’ostéoporose
  7. Etude prospective des filières viande de ruminants du Massif central à l’horizon 2050 - Les résultats
  8. Le projet Isite clermontois CAP20-25 et le projet Idex Lyon retenus par le jury international
  9. Vivons plus vieux en bonne santé !
  10. Les partenaires du Laboratoire d’Innovation Territorial grandes cultures  en Auvergne concrétisent leur collaboration
  11. D’où viennent les fleurs ? L’« abominable mystère de Darwin » s’éclaircit
  12. Systèmes d'élevage ALlaitant herbagers : Adapter le type génétique et MIXer les espèces pour renforcer leur durabilité? Le projet SALAMIX
  13. La newsletter du Centre Inra Auvergne-Rhône-Alpes
  14. Cartographier le risque associé aux maladies contagieuses
  15. LymeSnap : la science embarque le citoyen des Combrailles
  16. Un gène prometteur pour contrer le pouvoir reproductif des pucerons
  17. Le Centre Inra ARA publie son rapport d’activité 2018
  18. Les plantes au rythme des saisons : guide d'observation phénologique
  19. Amélioration du blé : privilégier la synergie blé – microorganismes
  20. Comment la lumière et le vent modèlent les arbres
  21. Les infrastructures de recherche sur les bovins embarquent en réseau européen !
  22. Les puces à ADN : un concentré de technologie
  23. Mieux emballer les fromages pour plus de goût
  24. Quand image et son dévoilent les poissons…
  25. Le génome de la rose décrypté : de l'origine des rosiers modernes aux caractéristiques de la fleur
  26. "Fort comme un ours"
  27. La viande, de l'élevage à l'assiette
  28. Arbres et ville : l’enjeu de la température
  29. Septoriose du blé : clonage et caractérisation du premier gène de résistance à Zymoseptoria tritici

Amélioration du blé : privilégier la synergie blé – microorganismes

Et si la solution pour une agriculture plus durable passait par la sélection de céréales capables d’interagir efficacement avec des microorganismes bénéfiques, pour surmonter la faible disponibilité en azote et le stress hydrique ? Un travail mené en collaboration par deux unités mixtes de recherche du Centre Inra ARA : le Laboratoire d'écologie microbienne et l'UMR Génétique, Diversité et Ecophysiologie des Céréales.

Mis à jour le 04/12/2017
Publié le 18/10/2017
Mots-clés :

. © Inra
© Inra
 

Dans le cadre de recherches visant à un développement plus durable de l’agriculture, le projet ANR BacterBlé vise à explorer les effets phytobénéfiques des rhizobactéries (*) de la rhizosphère, zone du sol entourant la racine. Ce projet associe deux unités du Centre Inra Auvergne-Rhône-Alpes : l’UMR Laboratoire d’Ecologie Microbienne (UMR UCBL-CNRS-VetAgroSup-Inra), coordonnateur, en association avec l’UMR Génétique, Diversité et Ecophysiologie des Céréales (UMR Inra-UCA), ainsi que l’entreprise Biogemma. Les recherches ont permis de mieux comprendre les interactions entre les bactéries colonisant la rhizosphère et stimulant la croissance des plantes, et blé tendre dans notre étude.

La capacité du blé à prélever l’azote et l’eau du sol dépend de nombreux caractères, comme la taille et la morphologie des racines, la présence de systèmes membranaires transporteurs, mais également des interactions avec certains microorganismes. En effet, différents composés organiques sont relargués par la plante dans la rhizosphère, permettant à de nombreuses communautés de microorganismes de proliférer (jusqu’à 1 milliard de bactéries et 1 km de filaments fongiques par gramme de sol par exemple). Certains d’entre eux sont étroitement liés à la plante et lui procurent des avantages symbiotiques. Dans l’absolu, on peut imaginer, par le biais de la sélection, pouvoir promouvoir par exemple les associations avec des microorganismes bénéfiques favorisant la disponibilité de l’azote dans la rhizosphère, l’architecture racinaire, le métabolisme de la plante et les effets protecteurs contre le stress hydrique ou des pathogènes. Cela correspond d’ailleurs au concept développé ces dernières années d’holobionte : ensemble composé par l’organisme végétal et les microorganismes qui lui sont associés.

Dans le projet BacterBlé les chercheurs ont analysé un large panel de lignées de blé tendre représentatif de la diversité de cette céréale, en les comparant sur la base de leur capacité à fonctionner en partenariat symbiotique avec des bactéries phytobénéfiques PGPR des genres Azospirillum et Pseudomonas. Par ailleurs, les régions génomiques du blé impliquées dans l’interaction avec ces bactéries sont en cours d’identification. Les résultats indiquent qu’il existe une grande variabilité dans la capacité du blé à interagir avec les bactéries phytobénéfiques, et que globalement les génotypes de blé plus anciens (développés avant 1960) interagissent plus efficacement avec ces bactéries en comparaison avec les génotypes de blé modernes développés dans les dernières décennies.

Ces résultats suggèrent que les programmes de sélection variétale menés depuis des décennies n’auraient pas conservé systématiquement les régions génomiques de blé nécessaires pour les interactions avec les PGPR, d’où l’importance de pouvoir identifier les lignées qui ont conservé de fortes capacités d’interaction avec leurs partenaires bactériens.

Dans le champ de l’agroécologie, ces travaux devraient donc permettre de fournir des pistes pour améliorer la sélection de variétés de blé interagissant efficacement avec les bactéries phytobénéfiques présentes naturellement dans les sols cultivés. Les travaux se poursuivent grâce à un doctorat sur ce sujet, actuellement en cours au sein de l’unité d’Ecologie microbienne.

 

 (*) Les bactéries phytobénéfiques stimulant la croissance des plantes sont qualifiées de PGPR pour Plant Growth-Promoting Rhizobacteria

 

Contacts : Yvan Moënne-Loccoz, UMR Ecologie microbienne (EcoMic) / Jacques Le Gouis, UMR GDEC