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Le partenariat et la valorisation au cœur du PSDR

Daniel Roybin est en charge de l’animation du programme PSDR (Pour et Sur le Développement Régional) en Rhône-Alpes depuis 2000 : une expertise développée au fil du temps pour faire fonctionner ce programme d’intérêt pour l’Inra, qui permet de montrer, outre nos compétences de recherche, un savoir-faire apprécié de montage de projets en partenariat territorial.

Mis à jour le 20/04/2017
Publié le 17/02/2017
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  . © Inra
© Inra

 

Daniel est tombé dans la marmite de la R&D et de la valorisation dès son mémoire d’ingénieur effectué à l’Ecole d’Agriculture d’Angers (ESA) en 1981. Il travaillait alors avec la profession agricole et le Département SAD de l’INRA dans le cadre d’un programme de recherche accompagnant la filière Beaufort dans les Alpes du Nord (qui a d’ailleurs  concouru à la relance de ce produit dès les années 70). Le Beaufort… c’est aussi grâce à ce produit de terroir qu’il a pris goût à travailler avec l’Inra.

Son arrivée à l’Inra en 1990 via un concours d’IE l’a conforté dans une mission de travail en partenariat avec les acteurs agricoles. A la frontière entre organismes il joue un rôle de facilitateur dans la construction ou la conduite de partenariats entre chercheurs et acteurs du développement (acteurs agricoles, territoires – collectivités locales, filières agroalimentaires). L’animation, le montage de projets et la valorisation sont au cœur de son action.

Depuis 2015, Daniel est agent des SDAR ("Services D'Appui à la Recherche"), chargé de mission Partenariat Agriculture Rhône-Alpes auprès de Xavier Nesme, adjoint du président de Centre Jean-Baptiste Coulon.

 

Comment se monte un programme PSDR ?

« PSDR est un programme national qui se décline en région. Un premier travail consiste à se concerter avec la Région pour connaître les enjeux ou les thématiques prioritaires sur lesquelles elle souhaite travailler. Sur cette base d’enjeux partagés, on organise des forums de discussions qui font se rencontrer des acteurs locaux et des chercheurs, pour définir les questions posées à la recherche. Les projets concrets sont ensuite construits lors d’ateliers de travail avec une représentation mixte. Ces projets sont évalués au niveau national par un conseil scientifique PSDR, puis validés par un comité de pilotage régional où siègent les financeurs (Conseil Régional, Inra ARA, IRSTEA, DRAF, chambres d’agriculture,). Il y a aussi un travail de montage de conventions et d’ingénierie financière en parallèle : mon rôle est aussi de discuter avec les partenaires pour monter les budgets ».

 

Sur quoi porte le programme PSDR 4 en Rhône-Alpes ?

«  8 projets ont été arrêtés, sur 4 grandes thématiques :

  • L’accompagnement de la transition agroécologique, et notamment la conduite d’expérimentations par et avec des collectifs d’agriculteurs, l’optimisation des systèmes de polyculture élevage,  la gestion des infrastructures paysagères pour une meilleure qualité de l’eau.
  • Les nouveaux systèmes alimentaires de proximité émergeant en région avec l’apparition de nouvelles formes  d’hybridation entre circuits courts et longs. C’est aussi la question de la gouvernance alimentaire des villes qui s’emparent progressivement de cette question : l’agriculture redevient au centre des préoccupations des métropoles.
  • La filière bois-forêt pour une meilleure gestion forestière et valorisation de proximité du bois
  • L’attractivité des territoires et la capacité des territoires à innover, en y incluant aussi la dimension bien-être, partie intégrante de l’attractivité, ou aussi des réflexions sur comment se construisent les intelligences collectives.

On touche donc des questions différentes les unes des autres, mais complémentaires, originales, cohérentes, concrètes et actuelles. Par rapport au PSDR3, on observe une évolution  dans les thématiques : le PSDR 4 est beaucoup plus « agricole ». Cela va de pair avec les souhaits des partenaires régionaux, liés à la transition agroécologique et à l’évolution des systèmes alimentaires. A travers l’alimentation, les politiques se réapproprient aussi la question de l’agriculture dans une volonté de manger local.

 

Comment as-tu fait de la valorisation une spécificité du programme en Rhône-Alpes ?

« J’y ai toujours été sensible car j'étais investi dans le développement dès mes débuts de carrière au sein du GIS Alpes du Nord. Dans mes missions il fallait aussi faire en sorte que les travaux de la recherche trouvent des utilisateurs et des utilisations. Et ce n’est pas si facile à faire car il y a souvent quelques maillons manquants.

Dans le PSDR, au démarrage, on parlait d’avantage de diffusion de la recherche sans se préoccuper beaucoup d’une véritable utilisation des résultats par les partenaires du développement.

J’ai travaillé progressivement le concept de valorisation, en l’axant sur deux dimensions : i) les questions sur lesquelles on travaille dans les projets doivent être pertinentes sur le plan scientifique et par rapport aux acteurs du développement ; ii) dans le cadre des programmes, on insiste sur la question de l’appropriation des résultats par les acteurs du développement. C’est notamment la question des livrables opérationnels - comme des outils ou des formations-, ou du travail de reformulations des résultats de recherche avec d’autres savoirs pour des valorisations opérationnelles. Il faut ainsi réfléchir en permanence et pendant tout le projet sur la manière dont on va utiliser les résultats.

Dans nos actions en Rhône-Alpes, on mobilise, en plus des fonds de l’Inra et de la Région, des fonds européens du FEADER pour développer et financer cet axe valorisation qui ambitionne aussi de produire des innovations techniques, sociales ou organisationnelles.

In fine, les programmes PSDR souscrivent à une double exigence : exigence scientifique et de publication, mais aussi exigence de déboucher sur des valorisations opérationnelles pour les acteurs du développement ».