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Paysage dans le Cantal. © Inra, Bertrand Nicolas

Valoriser l’élevage à l’herbe dans les territoires de montagne

Elevage, gaz à effet de serre et stockage de carbone

La contribution de l’élevage au réchauffement climatique est non négligeable (18%). L’élevage des ruminants  en mode extensif présente toutefois la particularité de compenser en partie les émissions de gaz à effet de serre grâce au stockage de carbone associé aux prairies et aux infrastructures agro-écologiques (haies, bosquets).

Mis à jour le 25/07/2018
Publié le 23/07/2018

. © Inra, Jean WEBER
© Inra, Jean WEBER
 

 

Le réchauffement climatique est désormais reconnu par la totalité de la communauté scientifique et politique. Il s’explique par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) relatifs à l’activité humaine (transport, industrie, agriculture dont l’élevage…) : gaz carbonique (CO2), protoxyde d’azote (N2O) et méthane (CH4) essentiellement.

La contribution de l’élevage au réchauffement climatique est non négligeable (18%). A l’échelle de l’exploitation, le méthane (exprimé en équivalent carbone ou Eq C) est en première position puisqu’il représente à lui seul près de 60% du pouvoir réchauffant des émissions de GES liées à l’élevage contre 25% pour le N2O (issu principalement de la fertilisation azotée et des effluents d’élevage) et 15% pour le CO2 (issu principalement de la consommation de fuel pour le fonctionnement de la ferme et la production d’intrants).

Le méthane provient pour la quasi-totalité de l’activité biologique de l’animal, et plus précisément des fermentations digestives des ruminants (80%) et des déjections (20%). L’intensification des productions ou l’augmentation de la productivité des ruminants (lait, viande) est reconnue pour réduire les émissions de CH4 entérique lorsque celles-ci sont ramenées par unité de produit animal (g /kg lait ou viande). Ainsi, une vache laitière faible productrice alimentée à l’herbe produira plus de méthane par kg de lait (+40%) que sa congénère forte productrice alimentée avec une quantité importante de céréales. Cette différence est réduite de moitié (+20%) si l’on considère les autres GES émis au niveau de la ferme (et pas strictement le CH4) ; les émissions de CO2 et/ou N20 pour le transport et la production des céréales ainsi que celles liées à consommation d’énergie (fuel, électricité) pour le fonctionnement des bâtiments et le machinisme agricole sont plus importantes avec l’intensification des productions. Enfin,si l’on considère la capacité des prairies à stocker du carbone (puits de C), la tendance est inversée (-20%) en faveur du système extensif qui utilise plus de surfaces herbagères que le système intensif.

Les prairies permanentes (non labourées) stockent 700 kg C/ha/an en moyenne (0.2 à 1 tonne), cette capacité variant suivant le type de sol, la gestion et les conditions climatiques. Par exemple, sur les prairies permanentes de Laqueuille (63), implantées en sol volcanique(andosol), la capacité de stockage est bien supérieure (1.8  à 2.2 t C/ha/an) car ces sols sont extrêmement riches en matières organiques. Ces prairies, suivies sur de longues périodes, sont incluses dans le dispositif SOERE ACBB, qui a pour objectif d’étudier le fonctionnement et les propriétés agronomiques et environnementales des prairies permanentes selon divers modes de gestion.

Les fronts de recherches actuels à l’Inra sur le centre Auvergne-Rhône-Alpes :

L’Unité Mixte de Recherche sur les Herbivores (UMRH) conduit des travaux sur la méthanogenèse entérique chez le ruminant. Ses recherches sont centrées sur l’animal, alliant à la fois une approche expérimentale pour l’acquisition de nouvelles données et une approche intégrative des données existantes (modélisation). Elles s’articulent ainsi autour de 2 volets de recherches complémentaires :

- mieux comprendre les mécanismes microbiens de la méthanogenèse dans le rumen afin d’enrichir notre connaissance du processus et imaginer des solutions de réduction de la méthanogenèse 

- identifier des indicateurs périphériques de la méthanogenèse afin de faciliter les mesures et de proposer des équations de prédiction des émissions de méthane utilisables sur le terrain par les différents acteurs de la filière.

L’UMRH dispose d’un plateau technique permettant de  quantifier in vivo les émissions individuelles de méthane entérique, indispensable  pour tester la pertinence des solutions de réduction et des indicateurs prédictifs de la méthanogenèse.

En conclusion, la conduite  des ruminants en mode extensif présente la particularité de compenser en partie les émissions de GES grâce au stockage de carbone associé aux prairies et aux infrastructures agro-écologiques (haies, bosquets).

 

Contact : Cécile Martin, UMR Herbivores

 

Technique du traceur SF6 (Johnson et al, 1994)Acquise en 2000. Elle présente l’avantage de pouvoir mesurer la production de méthane chez le ruminant (bovin, ovin) au pâturage (N=15 animaux simultanément sur des périodes de 1 semaine). Le SF6 est un gaz traceur qui permet de suivre le CH4 : c’est une technique de mesure indirecte car on ne récupère pas la totalité des gaz émis mais seulement un échantillon représentatif ; c’est la dilution du traceur dans les gaz émis qui nous permet de remonter à la quantité de CH4 émise.. © Inra
Technique du traceur SF6 (Johnson et al, 1994)Acquise en 2000. Elle présente l’avantage de pouvoir mesurer la production de méthane chez le ruminant (bovin, ovin) au pâturage (N=15 animaux simultanément sur des périodes de 1 semaine). Le SF6 est un gaz traceur qui permet de suivre le CH4 : c’est une technique de mesure indirecte car on ne récupère pas la totalité des gaz émis mais seulement un échantillon représentatif ; c’est la dilution du traceur dans les gaz émis qui nous permet de remonter à la quantité de CH4 émise. © Inra